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Chez Gina !

Nous avons quitté ce midi un lieu de toute beauté : la Dendre et son canal.

L’équipe d’éclusiers du jour, père et fils, était d’une efficacité inégalable : 10 écluses manuelles et 5 ponts ont été avalés en moins de 2 heures.

Nous avons profité de notre journée de repos pour aller boire une chopine au café du village : chez Gina, la tenancière depuis 65 ans. Quand nous lui avons demandé quel était son jour de fermeture, elle nous a répondu du tac au tac : “J’ai groupé tous mes congés pendant les 3 derniers mois. Je n’avais encore jamais fermé un seul jour”. Tout un poème.

Remplissage express !

Nous avons pu reprendre notre navigation ce matin. C’est tout à fait surprenant, mais c’est ainsi.

Avant que nous ne quittions la dernière écluse sur la Dendre flamande, le préposé avait essayé de joindre le premier éclusier en Wallonie, pour lui signaler notre arrivée. C’est la procédure. Ses appels étaient restés vains. En boutade, nous lui avions dit : “Ce n’est pas grave, ça va s’arranger, c’est la Wallonie”. Et lui de nous répondre : “Vous seriez bien étonnés, en Wallonie, tout roule ! Ici, c’est encore le moyen-âge.

Il n’avait peut-être pas tort…

Demain, nous prenons une journée de congé. Nous sommes en vacances tout de même, il ne faut pas l’oublier !

Boum ! Quand le barrage fait boum…

La journée d’hier avait été transformée en repos forcé pour cause de travaux divers et variés sur des ponts mobiles sous lesquels nous étions censés passer.

Aujourd’hui, nous avons démarré sur les chapeaux de roue dès la pique du jour. A 05h45, nous avons largué les amarres, avec un programme préparé aux petits oignons pour les 2 bateaux en partance de Aalst, afin d’éviter les travaux de construction d’une nouvelle écluse sur le trajet.

Et puis bingo, arrivés à l’approche de la dernière écluse du jour, en direct live, nous avons vu un barrage qui lâchait. Il faut dire que nous l’avons senti aussi au petit tsunami provoqué par la déferlante de l’eau . L’éclusier nous a fait des signes désespérés pour que nous nous amarrions au plus vite.

Pour combien de temps sommes nous bloqués ici ? Nous n’en savons fichtre rien. Mais, bonne nouvelle le vérin du barrage a déjà été sécurisé par une chaîne. Yapluka réalimenter le bief amont long de 4.5km. Nous croisons les doigts.

Moralité à tirer de l’aventure : l’année dernière, nous avons été obligés de louvoyer “à l’insu de notre plein gré” pour cause de problèmes divers et variés. Cette année, nous avons décidé tous seuls comme des grands de louvoyer tant et plus, au gré de notre humeur. Pourquoi donc les écluses et les barrages n’auraient-ils pas droit, eux aussi, d’avoir leurs états d’âme ? Comme disait Gustave Parking, “Je vous laisse réfléchir là-dessus”…

Nous louvoyons

Nous avons quitté l’Escaut ce matin, et nous avons embouqué la Dendre. Nous nous retrouverons d’ici peu de temps à une encablure de l’ascenseur de Strepy-Thieu, celui-là même que nous avions quitté il y a quelques jours.

Et bien oui ma bonne dame, cela s’appelle “tirer des bords” ou “louvoyer”. Et vous n’avez pas fini d’être surpris par notre périple de cette année.

Malgré une très belle navigation sur l’Escaut, nous sommes contents d’avoir retrouvé une rivière beaucoup plus calme.

Courants, vents et marées.

Après tous nos calculs d’hier soir, nous n’avions guère le choix, il nous fallait démarrer à 10h pour passer l’écluse avant l’Escaut : 8 kms à contre-courant sur le Ruppel et puis 8 kms à la renverse sur l’Escaut. Et le vent s’était ajouté à la fête. Ça roulait, ça tanguait, ça décoiffait et ça nous amusait. Nous ne voudrions pas pareille navigation tous les jours mais c’était très bien.

Un petit clin d’œil aux amis de Marc de la 40ème escadrille de Koksijde, qui par le passé ont été hélitreuillés tant de fois en mer sur le bateau Westhinder.

Histoires de ponts.

Ce ne sont pas les écluses qui nous ont retardés aujourd’hui, mais plutôt les ponts.

A chaque pont, il faut arrêter la circulation routière et attendre…

Puis, il y a eu le “changement de pose” et le nouveau préposé n’était pas arrivé…

Et après, c’était un pont de chemin de fer. Et comme le train n’attend pas, c’est nous qui attendons. Nous pouvons maintenant vous donner les horaires de la SNCB sur la ligne Mechelen-Antwerpen. Mais cela ne va pas vous intéresser …

Nous allons maintenant nous mettre au travail pour calculer la marée de demain afin de reprendre l’Escaut. Vaste programme !

Ce n’était pas la traversée de Paris.

Si vous voulez notre avis,le voici : la traversée de Bruxelles n’est franchement pas des plus belles.

Ce matin, nous avions rendez-vous à 9 heures pour démarrer notre navigation avec le bateau hollandais que nous avions fait attendre hier. Il est alors venu nous trouver en disant que l’écluse ne serait prête qu’à 10h. A 10h, rebelote, l’écluse ne serait prête que vers 11h30. A 11h45, nous avons enfin pu quitter Halle.

Une péniche montante devait passer 3 écluses avant que nous ne puissions nous engager. Et devinez pourquoi ? A cause du niveau déjà très bas dans les 3 biefs !

Ici comme ailleurs, nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge, mais nous sommes tenaces…

Eigen schuld, dikke bult !

Nous comptions arriver à Bruxelles ce soir. Mais c’était sans compter sur une fermeture d’écluse à Ruisbroek. Nous n’avions pas bien fait notre travail et n’avions pas suivi les avis à la batellerie en Flandres.

Cerise sur le gâteau, nous avons fait attendre un autre bateau pendant plus d’une heure à une écluse. Nous avons été présenter nos excuses et nous nous sommes mis d’accord pour le départ de demain matin.

Notre petit souper au restaurant du BRYC, sera reporté à une date ultérieure !

Les grands ouvrages d’art.

Aujourd’hui, sans doute avons nous passé les deux plus grands ouvrages d’art sur les voies navigables en Wallonie : l’ascenseur de Strépy-Thieu et le plan incliné de Ronquières. Nous aurions voulu faire la boucle par le canal historique du Centre, mais il nous faudra revenir. Il ouvrira (peut-être) le 1er juillet.

En parlant de boucle, un immense yacht hollandais est arrivé au port de Ittre en même temps que nous. Il voulait rejoindre Antwerpen. Sauf que, pas de chance pour lui, il est trop haut pour passer en-dessous d’un pont à Bruxelles. Il ne manque pas beaucoup, à peine 10 cm… Dégonfler les pneus n’étant pas une option, iI va rebrousser chemin pour prendre un autre itinéraire.

Aussi tenaces que nous…

Ce matin, nous avons fait un petit brin de causette avec des Hollandais qui voulaient rejoindre le canal du Nivernais. Ils étaient partis de Hollande le 15 juin, dès l’ouverture des frontières.

A leur arrivée à Givet, ils ont été informés que le canal de la Meuse était fermé à hauteur de Verdun, vraisemblablement jusqu’au 1er juillet.

Ils ne se sont pas démontés et la solution a été vite trouvée : demi-tour au frein à main pour rebrousser chemin et changer d’itinéraire.

Nous leur avons raconté nos mésaventures de l’année dernière et nous leur avons dit que la ténacité payait…