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Les dernières nouvelles de demain.

Le mois de mai est là et notre départ approche. Comme chaque année, nous avons mis le Salliance en hibernation. Nous l’avons certes un peu bichonné, mais nous n’avons pas fait de gros travaux. Quelques petits problèmes de moteur ont cependant fait monter le stress d’un cran. Mais tout est rentré dans l’ordre. Pourvu que cela dure….

Comme nous, le Salliance commence à prendre de l’âge, mais lui, n’en reste pas moins séduisant.

Cette année nous avons encore un grand projet : il nous reste quelques canaux de France à écumer. Nous visons le canal du Centre avant d’embouquer le canal de Bourgogne .

Comme les années précédentes, nous espérons que vous prendrez plaisir à nous suivre. Votre soutien par vos commentaires est toujours le bienvenu.

Comme à la SNCB : retard probable

Ce matin, Bernard et Ghislaine (nos voisins du Quadrilatère) ont joué au taxi pour nous emmener à notre port d’attache. Bernard s’est inquiété que nous n’avions rien oublié, ce à quoi, sûrs de nos préparatifs aux petits oignons, nous avons répondu par un “non” franc et massif.

Après les adieux de circonstance (et le départ du taxi), Marie-Claire s’est rendu compte qu’il y avait un stûût : pas moyen d’ouvrir le bateau sans les clés qui se trouvaient dans son sac. Il a fallu rappeler d’urgence Bernard pour une livraison express. Résultat des courses : nous sommes partis avec une heure et demie de retard !

Cela aura permis à Jean-Luc, Marie-Claire, Jean-Paul, Michel, Philippe et Marc de venir actionner leur corne de brume pour nous souhaiter bon voyage.

Vous vous souviendrez sans doute que lors de notre retour l’année dernière, j’avais “poussé une grosse gueulante” à propos de la fermeture de la Meuse pour cause d’installation de “L’enjambée”.

Plus de 9 mois plus tard, ce n’est toujours pas terminé (et pas près de l’être !).

Dans le conte d’Andersen, le vilain petit canard finit majestueusement dans sa vraie peau : un magnifique cygne ! Permettez-moi de douter que “L’enjambée”, lorsqu’elle sera terminée (on peut rêver), soit aussi majestueuse. Mais comme disait l’autre, les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas !

Pour les amateurs, voici un dessin animé de Walt Disney (paru en 1937) à propos du vilain petit canard.

Changez de fréquence !

Ce matin, Marc a pris sa plus belle voix pour demander par VHF le passage de l’écluse. Pas de réponse, mais les feux d’accès étaient vert et rouge. Cela veut dire en signalisation fluviale : écluse en préparation pour vous.

Et le Salliance de s’engager dans la passe. L’éclusier n’a fait ni une ni deux : il est sorti en trombe de son perchoir, en disant : “Une péniche arrive, et vous ne vous êtes pas annoncé”. Réponse immédiate de Marc, j’ai appelé sur le canal 18 . Sauf que c’était le 22 qu’il fallait faire.

Demi-tour au frein à main pour laisser passer le mastodonte de 80m, le seul rencontré de la journée. Il nous restait 15m dans l’écluse pour amarrer le bateau.

Classement provisoire : Marie-Claire one point et Marc one point.

Ne changez rien pour nous !

C’était une journée vraiment splendide : pas trop chaud et un petit vent bien dosé, juste ce qu’il fallait.

Il faisait tellement beau que nous ne sommes pas arrêtés à la halte prévue. Nous avons continué jusqu’au petit village de Laifour. Il n’y a rien de spécial, mais la nature y est tellement belle. On ne s’en lasse pas.

Il n’y a pas que nous qui le savons. A notre arrivée, plus de place. Il faut dire que les bateaux sont de plus en plus imposants . Marc a pris son chausse-pied pour nous intercaler entre 2 bateaux et nous sommes confortablement installés pour la nuit.

Ils n’ont pas changé…

Ne demandez pas de l’aide à certains plaisanciers. Une seule chose est importante à leurs yeux : que vous ne touchiez pas (même avec votre main) leur bateau. Cela c’était déjà vérifié hier.

Ce matin, rebelote : le skipper qui nous avait toisé hier soir était perché sur le toit de son bateau, bottes aux pieds et brosse à la main, en train de briquer le pont. Il a arrêté son travail le temps d’observer notre manœuvre. Peut-être a-t-il apprécié la dextérité de Marc.

Devant nous, à la première écluse un beau bateau de 18m, avec en guise de vélo une petite voiture. Il est entré dans le sas, et son premier réflexe a été de tirer la chevillette pour fermer la porte juste devant notre étrave. Il restait largement de la place pour nous.

Avez-vous reconnu nos amis bataves ? Mais rassurez-vous, ils ne sont pas tous du même tonneau !

Dans les Ardennes, la situation est grave mais pas (encore) désespérée.

Ce midi, à notre arrivée au chantier naval de Pont à Bar, où nous passons chaque année, pour pannes diverses et variées, nous avons d’abord été survolés par la Luciole, ULM du frère de Marc.

Et puis, ce n’est pas moins que l’équipe du journal télévisé de France3 Champagne-Ardennes qui est venue vers nous. Sujet : l’avenir de la navigation dans les Ardennes, qui sera diffusé ce soir dans le journal de 19h.

Depuis l’orage qui a détruit en 2018 une écluse sur le canal des Ardennes, beaucoup de questions se posent (y compris au Sénat). Va-t-on reconstruire et faire les travaux nécessaires à la réouverture de ce canal ?

La situation est grave. Et pas que pour le canal des Ardennes. Le canal de la Meuse, le canal des Vosges et la canal entre Champagne et Bourgogne sont aussi dans le collimateur.

Ce serait une vraie catastrophe pour les professionnels du tourisme et spécialement pour Ardennes Nautisme, qui en plus du chantier naval, possède une base de location de bateaux, la seule dans cette région.

Petite anecdote, un nouveau quai flambant neuf vient d’y être installé par VNF fin mars 2019.

Ce soir, nous assisterons à une réunion d’information avec les usagers privés de cette voie d’eau et les élus locaux. Peut-être en saurons-nous un peu plus.

Première panne d’écluse

Nous avons subi aujourd’hui notre première panne d’écluse depuis notre départ. Elle a été réparée en un temps record, à peine 10 minutes entre l’appel à la centrale et la remise en route. Et l’éclusier itinérant, qui n’avait sans doute pas trop d’appels, s’est rendu à l’écluse suivante pour nous prendre nos amarres. Il faut dire que le dénivelé était de 3,58m. Cela nous a bien aidés.

Lors de la réunion d’hier soir, nous avons été informés clairement que le projet de fermeture de certaines voies d’eau était bien réel. Et certains canaux concernés ne feront plus long feu.

Visibilité réduite.

Nous avons été à deux doigts de devoir allumer les feux de navigation pour démarrer ce matin. C’est en effet sous un brouillard assez épais que nous avons largué les amarres. Le soleil a fini par percer en milieu de matinée.

“Ne faites pas de si longues étapes”, nous diront certains. Sauf que nous avons hâte de découvrir les canaux où Salliance n’a pas encore trempé sa coque.

Nous n’avons pas vu un seul bateau aujourd’hui. Devoir électoral oblige ?

Mieux vaut le savoir !

Mais nous le savions…

L’affichage de l’écluse de Dun-sur-Meuse nous a toujours interpellés.

C’était pourtant une écluse comme les autres. Nous étions à 4m en contrebas, aucune vue, sauf les murs de l’écluse. Nous avons activé la chevillette et le bassinage s’est enclenché.

Arrivés au niveau supérieur, une directive nous a informés : “Écluse dangereuse lors du remplissage”.

N’eut-il pas été plus judicieux de nous prévenir avant la montée du niveau d’eau dans l’écluse ?

Ce panneau nous a toujours fait sourire.

Toujours les mêmes !

Sur un tronçon de 17 écluses toujours manuelles, et jusqu’au 01/06, un éclusier nous prend en charge pour toute la journée et nous suit d’écluse en écluse.

Ce matin, nous avions rendez-vous avec un autre bateau au dispatching de Verdun. L’éclusier nous prenait en charge à l’écluse suivante. A l’heure convenue, nous étions en place, mais le second bateau était absent à l’appel. Après un quart d’heure, le préposé nous a bassinés.

Le second bateau s’est présenté à 9h45, histoire que nous soyons déjà bien loin. Par ce stratagème, dans leur esprit, ils étaient assurés de passer seuls les écluses. Résultat des courses, à l’écluse suivante, nous avons dû les attendre presque 1 heure. De cette façon, ils ont été remis dans le convoi.

La navigation s’est cependant superbement bien passée. A notre arrivée à Saint-Mihiel, il n’y avait évidemment qu’une seule place. Nous leur avons cédé la place à condition (vieux fantasme de Marc) de pouvoir nous mettre à couple.

Ils nous ont remercié chaleureusement en nous disant qu’il n’y avait guère de navigateurs comme nous. C’est assez rare de recevoir un compliment des gens du Nord…