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Veni, vidi, vici

Ce matin en partant de Givors, nous nous disions que c’était de la petite bière, 18kms pour en finir avec le Rhône, nous allions avancer “comme one balle foû d’on fèzik”.

Et bien non, point du tout. Nous avancions à la vitesse ridicule de 1.6km/h (amis marins vous lisez bien, 0.9nd). Cette fois-ci, nous aurions presque mis le frein à main pour ne pas reculer ! Heureusement que nous avions profité il y a quelques jours du vent arrière.

En résumé, pour naviguer sur le Rhône, comme montant ou comme avalant, deux critères sont nécessaires : pas de vent de face, pas de fort débit. Avec notre bateau et un débit supérieur à 1500m3/sec (à Montélimar) ou de 1000m3/sec (à Givors), on ne passe pas !

Nous avons vu aujourd’hui la future maison de Jolien…

 

Jeanneton prend sa faucille…

Pour ceux qui nous connaissent bien, 2500km sans problème d’hélice, c’est un record.

Le record ne sera plus amélioré cette année ! A force de longer les berges pour gagner de la vitesse, nous sommes allés couper des joncs.

Marc a dû revêtir son plus bel apparat, fixer son masque et s’armer de son couteau pour aller dégager l’hélice.

Il n’y avait pas de souci majeur, et tout est rentré dans l’ordre. Il en a profité pour faire le tour de la coque et la nettoyer avec une loque à reloqueter. Comme ça, notre samedi est fait  !

Voici venir l’orage…

Cette pancarte n’était pas en face de nous, mais elle était aussi valable pour nous. En plus, le long de l’Ouvèze, ce n’était guère rassurant.

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Nous avons donc quitté l’endroit où nous étions pour la nuit nous avons avancé vers Valence. Le temps de faire le plein de mazout, et nous voilà repartis vers Glun. Nous y sommes arrivés juste avant le premier coup de vent et l’orage. Nous nous voyions de nouveau secoués comme à Cruas.

Il n’y a pas de lézard, mais nous serons contents de quitter le Rhône.

 

Les leçons de Live Skipper…

Nous sommes pour l’instant agréablement surpris par notre remontée du Rhône !

Évidemment la fenêtre météo est excellente. En grappillant quelques degrés vers les berges, nous gagnons tout de suite en vitesse (0,7km/h). Vous allez sans doute en rire, mais vous ne devriez pas ! C’est comme cela que l’on gagne des places. Nous avons été à bonne école sur Live Skipper.

D’aucuns, pour faire leur intéressant, donneront du phénomène une explication basée sur les caractéristiques d’un flux laminaire dans un chenal, étant entendu que la vitesse du fluide est nulle au niveau des berges…

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Curieusement, à 12h, le vent a changé et nous aurions presque pu mettre le spi. A 16h, le vent a de nouveau changé, il soufflait de travers et a forci.

Ne crions pas victoire trop vite …

 

En route vers de nouvelles aventures

Notre mécanicien tant attendu, un vrai sosie de Richard Bohringer, est arrivé avec deux heures d’avance sur l’horaire prévu. Après avoir remplacé les filtres, des joints et la petite turbine de la pompe à eau (qui était bien usée), il a déclaré notre moteur “increvable”. J’espère qu’il est prophète.

Nous voilà donc parés pour affronter le Rhône tant redouté.

En guise d’échauffement, nous avons remonté le Petit Rhône qui nous a semblé bien plus large et bien plus beau qu’à la descente.

 

 

Nous sommes au Sud !

Nous avons quitté le Rhône sans regret, mais il faudra bien en reparler dans un bon mois. La dernière écluse que nous avons passée avait un dénivelé de 30 cm, pour la même grandeur que les écluses du Rhône. Ça faisait un peu rikiki par rapport à Bollène.

Le canal du Rhône à Sète est monotone. Par contre le crochet vers Aigues-Mortes valait le détour.

Devinez qui nous avons croisé ? Nos moutons, mais qui se sont multipliés comme des lapins…

Sur le pont…

Le vent nous ayant quittés, nous avons repris notre vitesse de croisière.

C’est à la pique du jour que nous avons démarré, pour une étape de 70 km et 3 écluses.  Celle de Bollène fut, lors de sa construction, la plus grande écluse du monde avec un dénivelé de 23m. “Big Brother” y a suivi notre passage…

Bollène

Nous sommes arrivés en fin d’après-midi à Avignon : la ville des Papes, des Demoiselles, du Festival et du Pont. Après cette longue étape, une promenade intra-muros s’imposait. Elle aurait encore été plus profitable avec un bon guide…

Petite visite en ville

Vaccinés par notre expérience d’hier, nous n’avons pas navigué aujourd’hui, mais cela ne veut pas dire que nous sommes restés les doigts de pied en éventail !

Nous avons profité de notre pause forcée pour visiter, entre deux averses, la ville de Cruas. Nous ne sommes pas rentrés déçus : il y a une magnifique cité médiévale sur les hauteurs.

En redescendant vers la ville nous sommes entrés dans une petite boucherie. Pour trois francs six sous, nous allons nous régaler ce soir.

Ah! i fallait pas qu’il y aille…

Après avoir consulté diverses météos, après avoir écouté les voisins de ponton qui savent toujours tout, après bien des palabres et de notre plein gré, nous avons décidé d’affronter le Rhône pour une petite étape. Nous avions aussi envie de quitter le désagréable port de Valence.

Affronter est le mot juste. Un coup de vent était annoncé vers 15h. Nous avions largement le temps d’arriver à Cruas, mais c’était sans compter le temps d’attente aux écluses. Le coup de vent est bien arrivé : 80km/h. En bonne Akéla, j’aurais pu entonner une chanson de circonstance…

 

Trois braves plaisanciers nous attendaient sur le ponton, nous ayant vu sauter sur le Rhône en phase d’approche, pour laquelle ils nous ont félicités.

Le temps d’aujourd’hui est tout à fait exceptionnel et nous avons eu des conseils avisés d’un ancien marinier pour la remontée.

Pour ceux qui nous suivent attentivement, nous avons peut-être retrouvé nos moutons, mais ils ont été encore plus vite que nous !

Le chaos du clapot

Non, nous ne sommes pas en mer, mais oui le Rhône peut être méchant.

Aujourd’hui, nous avions certes le courant, mais nous avions aussi le vent dans le nez. C’était assez chahuté, on se croyait presque en mer. Ce n’était plus une risée, mais des moutons. En tout cas, c’était une navigation très inconfortable, mais il faut bien gagner son paradis. Nous avons même eu besoin de l’essuie-glace, pas pour la pluie, mais pour les embruns. Ironie du sort, nous sommes amarrés ce soir dans un club de voile.

La campagne électorale est venue nous faire un clin d’œil fluvial (le bateau rose).

Au loin, nous avons aperçu les Alpes.